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1966 : Naissance.

1984 : Il rate son BEP-CAP d'électromécanique avec brio. Néanmoins, il obtient 20/20 en gymnastique. Il se dirigera donc vers un métier physique.

1988 : Il commence à fréquenter assidûment les peep-shows de la rue Saint Denis. Il profite à fond des dix francs investis et est déjà capable de se retenir jusqu'à la fermeture du rideau. Notant son endurance, il décide de passer une audition au célèbre Théâtre Saint Denis. Il y travaillera deux ans ainsi qu'au Lolita Club, un autre lieu de renommée … dans le petit monde du théâtre érotique.

1990 : Remarqué par un réalisateur de talent, tellement important qu'il en a oublié son nom, il tourne son premier film porno. Depuis le chef d'œuvre «Une brésilienne au Trocadéro » qui se retrouve propulsé au top du box office, le succès ne l'a plus jamais quitté. Il enchaîne 300 films (plus que Alain Delon, Jean-Paul Belmondo et Gérard Depardieu réunis) dont les fameux « Sodoman » et « Les mamies perverses s'exhibent dans la rue », des petites perles du cinéma d'auteur. Une carrière exemplaire… si ce n'est ce pesant souvenir d'avoir parfois tourné sans préservatif.

1995 : Depuis cette année, il est nominé dans la catégorie "meilleur acteur européen" aux Hot d'Or et dans de nombreux autres festivals. Mais il n'est finalement jamais primé. Sans doute trop avant-gardiste, pas assez commercial.

1996 : Un nouveau pas dans sa carrière. Il commence à réaliser ses propres films amateurs : des tournages sauvages dans la rue. C'est un peu la Nouvelle Vague qui s'insurge contre le cinéma de studio. Il décide également de se raser les parties, ce qui est une preuve d'engagement total. En effet, n'importe quelle fille qu'il va désormais rencontrer en dehors de tout cadre professionnel ne manquera pas de s'interroger sur son appartenance à quelque secte étrange.

1997 : Moins glorieux, il se rase le crâne parce qu'il perd ses cheveux. C'est d'ailleurs une année noire puisqu'il se brûle le sexe avec un projecteur sur un tournage, comme Michael Jackson. Et ce n'est pas fini ! Il est obligé de se faire circoncire à cause de l'usage d'une mauvaise crème. Une période douloureuse puisque immédiatement après l'opération, il a fait craquer ses fils en bandant. Mais tout cela n'a pas entaché sa conviction et sa détermination. D'ailleurs, Cédric Klapich le fait jouer dans son court métrage « La chambre » (3 000 scénarios contre un virus), ce qui lui permet de voir sa bite sur le gigantesque écran du Grand Rex. Depuis, il est bien décidé à faire du cinéma classique. Il enchaîne donc en produisant, réalisant et en jouant dans « Acteur X pour vous servir », un court métrage entre porno, cinéma d'auteur et comédie. Un appel du pied non dissimulé en direction du cinéma classique. Quelques personnes aussi diverses que Jacques Audiard, Catherine Breillat, Léos Carax, Jean-Luc Godard, Mathieu Kassovitz, Cédric Klapich, Gaspard Noé, Jean-François Richet et Lars Von Trier s'intéressent à son travail. Claude Lelouch est consterné.

1998 : Il participe à une exposition-performance dans une galerie d'art à Paris et réalise pour l’occasion « 21 par 5 ». Il se retrouve entouré de preneurs de tête qui causent de sexe tout en restant habillés. Alors que lui, comme dans ce court-métrage, c'est du vrai ! Il se lance également dans la production en montant sa propre structure, HPG Production. Pour l'instant, il perd de l'argent.

1999 : Il a pu s'admirer dans « Tous les mêmes ? », un film documentaire de Michel Reilhac et dans « Romance », le long-métrage de Catherine Breillat, dans lequel il s'est trouvé plus performant que Sagamore Stévenin.
La Cinémathèque Française lui consacre une soirée. Stupéfaction et franche rigolade. Le journal intime filmé, « HPG, son vit, son œuvre », ne laisse pas indifférent. En effet Canal + le diffuse dans sa version courte puis le déprogramme suite au scandale qu’il suscite, notamment auprès des Chiennes de Garde. HPG leur répond en image (un aveu à peine voilé de ses carences en écriture), avec « Chiennes, prenez garde », une ôde à sa liberté symbolisée par une lecture en avion, hystérique et inaudible, d’un texte de Virginie Despentes, avec la participation subliminale de l’auteur et de Coralie Trinh Thi.
HPG travaille en de nombreuses occasions avec John B. Root, un pornographe plus évolué que la moyenne et prépare son site Internet www.hpgnet.com, qui restera longtemps en construction … on ne peut pas être au four et au moulin.

2000 : Toujours à la pointe de l'originalité artistique, il tourne dans le premier film porno français utilisant le steadicam.
De plus en plus, les journalistes veulent l'interviewer. De cette expérience, il tire une leçon (certaines journalistes s’investissent tant dans leurs reportages qu’il leur arrive de coucher avec lui) et une interrogation (pourquoi est-il considéré comme l'intello du porno ?).
Il obtient le premier rôle masculin dans « Baise moi », le film de Virginie Despentes. Finalement, sa participation est réduite à pas grand-chose dans le montage final. Il tourne également dans  « Le pornographe » aux côtés de Jean-Pierre Léaud. Sur le tournage, il passe plus de temps à se masturber devant Romane Bohringer qu'à donner la réplique. Comprenant qu'on ne l'attend pas dans le cinéma classique, il décide de prendre les choses en main et d'écrire un long métrage.

2001 : La société de production Moby Dick lui propose un contrat pour écrire et réaliser un long-métrage. Film dans lequel HPG devait être également comédien. La collaboration avec différents co-auteurs lui apprend qu’il préfère écrire seul plutôt que de se laisser brider dans sa folie. Le projet n’aboutira pas, mais ces enseignements lui serviront pour le futur.

2002 : Publication de « HPG autobiographie d’un hardeur » aux Editions Hachette Littératures : un exercice de maîtrise totale du sujet qu’il connaît le mieux, lui-même … où l’on apprend, entre autres, que la plénitude, selon HPG, c’est être suivi à vélo quand on roule soi-même à vélo !
HPG réalise un court-métrage, « Hôpital Psychiatrique de Garnison », dans lequel il établit le record du monde du plus grand nombre de filles pénétrées en un temps minimum, et ce,  devant un parterre de journalistes. Où l’on voit que notre homme a quand même du temps à perdre ! Le résultat peu satisfaisant, un mur d’incompréhension entre les hardeuses et les journalistes, lui fait comprendre simultanément l’importance du travail scénaristique et le parti qu’il peut tirer d’une situation non voulue. D’où un certain rattrapage du temps perdu !

2003 : HPG partage son temps entre ses activités de hardeur et la réalisation de son premier court-métrage en pellicule, « Hypergolique », pour lequel il travaille avec Terry Bullet, réalisateur de clips pour le groupe Queen (d’où un discret hommage à Freddy Mercury dans la gestuelle et l’accessoire du string rose). Cette expérience, qui le replonge dans un passé de gigolo entremêlé d’aspirations artistiques existentielles, lui a fait comprendre deux choses : un budget à respecter impérativement c’est stressant et, à force d’écouter les conseils des autres, on ne fait pas ce qu’on veut. Ce court-métrage porte en germes bien des éléments de son futur long.

2004 : La Cinémathèque Française lui consacre une seconde soirée fin avril « La bombe HPG ». « Hypergolique », qui a été sélectionné, entre autres, aux festivals Gay et Lesbien de Paris, de Lisbonne et de Turin, au festival de Belfort, à la Nuit Ovni du Festival Paris Tout Court, y est projeté. L’intervention de HPG pour présenter son travail fut l’occasion pour lui de se laisser complètement aller, une prise de liberté mémorable qui fut diversement appréciée.

2005 : Olivier Py, directeur du Théâtre de l’Odéon, fait appel à HPG et à sa compagne, le mannequin LZA, pour une performance dans l’opéra « Tannhäuser », qu’il met en scène au Grand Théâtre de Genève en octobre. Là où passe HPG, il y a comme une odeur de poudre : la presse parla plus de lui que des ténors. Et le ministre de la culture suisse, scandalisé par le fait que HPG joue le rôle d’un Minotaure en érection, envisageait de faire interdire le spectacle. Enfin, alors que les ténors se chauffent la voix, HPG se mettait en condition à sa manière derrière un paravent. Quelle ne fut pas la stupéfaction de l’équipe lorsque le paravent tomba, découvrant un HPG se masturbant, un magazine porno (acheté à ses frais) calé sur un pupitre !
Alors qu’il est en Suisse, le Festival Paris Tout Court propose à HPG de réaliser un court avec un téléphone portable. Le résultat est « Option artiste », en deux parties, un dialogue de sourds entre LZA et lui et une réflexion fumeuse sur le portable comme vecteur d’images, et cette vertigineuse conclusion : « un gland reste un gland, quel que soit le format ».

2006 : Sortie du premier long-métrage de HPG, intitulé « On ne devrait pas exister », avec la participation de Marilou Berry et de Rachida Brakni de l’Académie Française, s’il vous plaît. Un film à mi-chemin entre le cinéma d’auteur intimiste, la tragi-comédie, l’improvisation et la recherche esthétique. Il y est question de la volonté de HPG de quitter le porno pour pénétrer le cinéma traditionnel et de ses difficultés relationnelles. Autobiographie, vous dites ? Non, réalité fictionnée. Le film est sélectionné au festival de Cannes 2006, section Quinzaine des réalisateurs. Encore heureux, parce que s’il avait investi cet argent et cette énergie, il aurait certainement aujourd’hui un zéro de plus sur son compte en banque. Il y remporte un franc succès. La presse lui consacre plus d’une centaine de pages. Ça réconforte un peu un homme désormais endetté.
Il enchaîne avec le court-métrage, « Danger risque de chute », également tourné en Suisse. Il s’agit d’un hommage à LZA de l’époque sous forme d’introspection vertigineuse, avec incompréhension et souffrance à la clé. L’égoïsme de HPG y est magnifiquement résumé : « Hervé est censé faire un 52 minutes sur moi ; ça va parler que de lui ».
Un autre court encore, « J’aime la censure », une réflexion plus récréative sur la liberté d’expression et la lâcheté, un trait de caractère qu’il a toujours revendiqué. Il y prend en otage le responsable d’un festival sur la censure pour être sûr qu’il le diffuse.

2007 : Animateur de l’émission « Le point HPG » sur une web tv, notre piètre intervieweur reçoit Henry Chapier, le roi de l’entretien en profondeur. HPG a trouvé son maître : il cherche à le choquer mais n’y arrive pas.
Il prépare actuellement un deuxième long-métrage, « Les mouvements du bassin ». HPG y prend le pari de ne pas se répéter ni de se parodier. Un exercice très difficile pour lui, en en abordant un sujet qui lui a longtemps fait peur : avoir un enfant. Afin de patienter d’ici là, sort « HPG, mon vit, mes œuvres », compilation sous forme de DVD de tous les courts-métrages précédemment cités. On notera que notre homme, totalement décomplexé, assume désormais de parler de lui à la première personne.

Il est en couple depuis plus d'un an avec sa compagne Gwenaelle.

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